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Non à l'occupation étrangère, par le professeur Gérard Bissainthe

15 août 2015

Un message au Patriote Cyrus Sibert et à tous les Patriotes haïtiens 


Cyrus Sibert, est-ce que l'erreur fondamentale n'est pas d'accepter un Conseil Electoral Provisoire qui, fonctionnant dans un système et une conjoncture de tutelle doublement étrangère ( militaire et économique) n'aura jamais ce minimum d'indépendance qui est la condition sine qua non d'un fonctionnement démocratique, libre et honnête pour une institution qui a pour mission de permettre au peuple haïtien de choisir ses dirigeants ? Tout est là.

 Si c'est "l'Etranger" qui paie, c'est "l'Etranger" qui mène. Et toutes nos élections depuis l'occupation d'Haïti par la Minustah nous ont montré que finalement c'est presqu'une perte de temps d'aller aux urnes, car lorsque viendra l'heure de la décision suprême, c'est "l'Etranger"  qui imposera son poulain. Et vous tous qui êtes entrés dans le système, n'aurez que le choix entre un "Yes Sir" bien sonore ou des pleurs et grincements de dents aussi sonores. 

Quelle est la solution? 
D'abord comme les Révoltés dans notre Cérémonie du Bois Cayman: dire NON au système. Puis,  une fois ce  NON catégorique acquis, faire appel ou à la Dialectique des Armes, comme en 1804, ou à l'Arme de la Dialectique. Comme la présence de la Minustah ne s'est pas faite avec la Dialectique des Armes (il n'y a pas eu l'écrasement d'une résistance armée haïtienne par une force brutale étrangère), mais simplement une demande formelle par des civils haïtiens (sans mandat et sans "nannan") d'une intervention étrangère, il faut détricoter le tricot comme il a été tricoté: c'est-à-dire, sans coup férir, C'EST AUX CIVILS HAITIENS A DEMANDER LE DEPART DE LA MINUSTAH. Et si nous le faisons aujourd'hui, demain matin ils plient bagages. Alors arrêtons toutes ces simagrées, toute cette hypocrisie de "Collabos" qui refusent de s'identifier comme des "Collabos". Il faut que la classe politique haïtienne, reconnaissant ouvertement qu'elle est faite de "collabos" sans "nannan" et sans colonne vertébrale, mette fin à toutes ces farces d'élections qui sont une perte de temps pour tout le monde et une perte d'argent pour les contribuables étrangers américains, français, canadiens et autres toujours  plumables à merci et sans leur consentement, et que cette classe politique demande aux puissances tutrices de prendre en main ouvertement et effectivement le pays. Qu'au moins nous ayons une occupation étrangère en bonne et due forme sans doublure locale. 

Alors chaque Haïtien pourra et devra prendre ses responsabilités personnelles en face de cette situation claire, transparente, sans équivoque. Fin des mascarades. C'est alors que devront se manifester dans le pays les vrais Haïtiens. Les Collabos s'identifieront ouvertement  comme des "Collabos", des "Jaunes". En face il y aura les Résistants qui s'identifieront ouvertement comme des Résistants. Dans ce cas Jaunes et Résistants étant d'espèces différentes ne pourront plus partager le même drapeau Bleu et Rouge de l'unité. Que les Jaunes gardent leur couleur "Jaune".  Les vrais Haïtiens reviendront en attendant aux couleurs révolutionnaires "Noir et Rouge" de Dessalines et de Christophe, jusqu'au départ des occupants. Alors ils reprendront le Bleu et Rouge. 

En ce qui me concerne d'ores et déjà je suis désormais "Noir et Rouge".

A chacun maintenant de choisir son camp et sa couleur.  
Dans son cour et dans les faits.

Gérard Bissainthe
gerardbissainthe@gmail.com
Ex-Recteur de l'Université d'Etat d'Haïti
Ex-Ministre de la Culture d'Haïti
Ex-Commissaire Général aux Haïtiens d'Outre-Mer  

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