D epuis 2008, fidèles à une tradition de rigueur et de mémoire, nous revenons chaque fin d’année sur les faits et les personnalités qui ont marqué l’époque. Non pour flatter les puissants, ni édulcorer les réalités, mais pour dresser un état des lieux lucide, parfois inconfortable, de notre temps. 2025 s’impose ainsi comme une année de tensions ouvertes, de fractures géopolitiques et de dignités mises à l’épreuve. À l’échelle internationale, l’année a confirmé l’essoufflement d’un ordre mondial incapable de répondre efficacement aux crises qu’il produit ou qu’il laisse prospérer. Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, n’a cessé de multiplier les appels et les mises en garde, notamment sur Haïti, exposant malgré lui les limites d’un multilatéralisme réduit à l’alerte permanente, sans leviers contraignants ni vision stratégique cohérente. Dans ce vide d’action, les grandes puissances arbitrent avant tout selon leurs intérêts, reléguant les pays les plus fragiles aux marge s ...