L’argent de la diaspora ne remplace pas l’initiative
Par É ric Duvivier Masson "Aide-toi et le Ciel t'aidera" Fran ҫ ais La diaspora haïtienne ne peut pas servir de vache à lait indéfiniment pour le pays. Depuis des décennies, elle envoie des transferts financiers qui représentent une part essentielle de l’économie nationale. Ces envois d’argent, bien qu’ils soulagent des familles et stabilisent certains foyers, ont, en même temps, créé une dépendance malsaine. Ils facilitent la paresse, le manque d’effort, d’initiative et d’efficacité à l’intérieur du pays. Trop souvent, les autorités et même les citoyens considèrent ces transferts comme une solution permanente, au lieu de bâtir des structures productives et durables. Cette dépendance engendre une illusion de résilience. On parle de la capacité du peuple haïtien à “tenir bon”, à “survivre malgré tout”. Mais cette résilience, dans ce contexte, n’est autre que la résignation. Elle devient une manière de supporter l’insupportable, de s’accommoder du manque de perspectives, ...