Depuis 2008, fidèles à une tradition de rigueur et de mémoire, nous revenons chaque fin d’année sur les faits et les personnalités qui ont marqué l’époque. Non pour flatter les puissants, ni édulcorer les réalités, mais pour dresser un état des lieux lucide, parfois inconfortable, de notre temps.
2025 s’impose ainsi comme une année de tensions ouvertes, de fractures géopolitiques et de dignités mises à l’épreuve.
À l’échelle internationale, l’année a confirmé l’essoufflement d’un ordre mondial incapable de répondre efficacement aux crises qu’il produit ou qu’il laisse prospérer. Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, n’a cessé de multiplier les appels et les mises en garde, notamment sur Haïti, exposant malgré lui les limites d’un multilatéralisme réduit à l’alerte permanente, sans leviers contraignants ni vision stratégique cohérente. Dans ce vide d’action, les grandes puissances arbitrent avant tout selon leurs intérêts, reléguant les pays les plus fragiles aux marges de la diplomatie mondiale.
Dans ce paysage instable, certaines figures ont cristallisé les aspirations à la rupture. En Afrique, Ibrahim Traoré, jeune leader burkinabè, s’est imposé comme l’un des visages les plus audacieux d’un souverainisme assumé, révélateur d’une recomposition géopolitique plus large, où une partie du Sud global revendique ouvertement la fin des tutelles politiques, économiques et militaires héritées de l’ordre postcolonial.
Pour la diaspora haïtienne, ces mesures ont fragilisé les foyers, réduit la stabilité de l’emploi et menacé l’un des piliers silencieux de l’économie haïtienne : les transferts financiers.
Or, dans le contexte haïtien, la diaspora n’est pas un acteur périphérique : elle est un levier de survie nationale. En 2025, alors que l’État haïtien peine à assurer ses fonctions les plus élémentaires, les envois de fonds, les initiatives économiques, médicales et éducatives de la diaspora ont continué de soutenir des millions de familles, amortissant l’effondrement social. Toute politique migratoire restrictive à l’égard des Haïtiens devient ainsi, de facto, un facteur de déstabilisation supplémentaire pour le pays.
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En Haïti, 2025 fut une année charnière, mais profondément minée par la défiance. Fritz Alphonse Jean, figure centrale du Conseil présidentiel de transition (CPT), s’est retrouvé au cœur de la tourmente après des sanctions internationales l’accusant de complaisance envers les gangs — accusations qu’il conteste fermement. Placé sur la sellette aux côtés de trois autres membres du CPT soupçonnés de corruption, il incarne les contradictions d’une transition sous pression, coincée entre injonctions extérieures, luttes internes et perte de crédibilité populaire.
Pourtant, même dans ce climat lourd, l’année n’a pas été entièrement confisquée par la crise. Elle a offert à Haïti des moments rares de cohésion collective. La qualification historique des Grenadiers pour la Coupe du monde 2026 a suspendu, l’espace d’un instant, les divisions, rappelant que la nation conserve une capacité intacte à se rassembler.
Sur le plan culturel, 2025 restera une année de consécration. La reconnaissance du konpa haïtien par l’UNESCO comme patrimoine culturel immatériel de l’humanité a inscrit durablement Haïti dans la mémoire universelle. Dans cette même dynamique, l’hommage rendu à Shoubou, voix emblématique de Tabou Combo, lors d’une grande soirée à New York, a rappelé que la diaspora demeure un acteur central de la préservation et de la transmission de l’identité nationale.
En 2025, l’industrie spatiale a subi plusieurs revers majeurs révélant la fragilité technologique du secteur. Des échecs de lancement, des pannes de satellites et des retards dans les programmes lunaires ont mis en évidence la complexité croissante des systèmes et la pression commerciale sur les entreprises. L’année a été marquée par l’explosion du Starship de SpaceX, l’échec partiel du vol inaugural de New Glenn, la perte de centaines de satellites Starlink et une hausse des risques liés aux débris spatiaux. Les missions Artemis ont également été repoussées, soulignant les défis techniques et budgétaires persistants.
L’essor des médias sociaux et ses répercussions surprenantes
En 2025, les médias sociaux ont consolidé leur rôle central dans la communication mondiale. L’explosion des podcasts et des formats courts comme YouTube Shorts a transformé la consommation de contenu, favorisant l’interactivité et la viralité. Nos plateformes de Haïti Connexion et Radio Francophonie illustrent cette tendance, avec des figures comme Gigi Gilbert dans Forever 29 train, dont les émissions dynamiques captivent un public en quête d’authenticité et de proximité.
Mais cette influence ne se limite pas au divertissement : elle s’étend désormais aux sphères politique et judiciaire. L’affaire Candace Owens, personnalité conservatrice américaine, en est la preuve. Accusée par le président français Emmanuel Macron et son épouse Brigitte d’avoir orchestré une campagne de diffamation via des vidéos et podcasts viraux, Owens fait face à une plainte de 50 millions de dollars devant la cour du Delaware. Ce conflit illustre la puissance – et les dangers – des réseaux sociaux, capables de propulser des controverses locales au rang de crises internationales.
En filigrane, une vérité s’impose : la résilience du peuple haïtien, appuyée par sa diaspora, constitue aujourd’hui le dernier rempart. Journalistes menacés, artistes engagés, éducateurs tenaces, entrepreneurs et travailleurs expatriés — ce sont eux qui maintiennent le lien social, la circulation des ressources et la continuité symbolique d’un pays fragilisé.
Les accusations visant André Apaid Jr — convoqué par la DCPJ dans une affaire mêlant trafic de drogue et d’organes — ont surgi dans un moment où l’État haïtien peine à exercer son autorité. Les institutions judiciaires fonctionnent au ralenti, et la capacité de l’État à enquêter ou poursuivre efficacement est sévèrement compromise. Le scandale Apaid n’est pas seulement une affaire individuelle : c’est un symptôme d’un système judiciaire en crise, miné par la violence des gangs à sapate et à cravate, la corruption, la paralysie institutionnelle et l’effondrement de l’État. Dans ce contexte, chaque affaire sensible devient un test de survie pour la justice haïtienne.
2025 n’a pas produit de héros incontestés. Elle a mis à nu les failles du système international, les contradictions des politiques migratoires et la dépendance structurelle d’Haïti à une diaspora devenue acteur géopolitique à part entière.
L’année 2025 a aussi rappelé, avec force, que Haïti tient encore debout par sa culture, sa dignité et une solidarité transnationale que rien n’a réussi à briser.
Nous tenons à exprimer notre profonde gratitude à toutes celles et ceux qui ont contribué à la rédaction de ce retour en arrière. Votre rigueur, vos analyses et votre sens du détail ont
donné à ce travail la clarté et la profondeur qu’il mérite.
Nos remerciements s’adressent également aux collaborateurs qui œuvrent dans l’ombre — celles et ceux qui vérifient les informations, organisent les documents, relisent les textes, coordonnent les échanges et assurent la cohérence de l’ensemble. Votre engagement discret mais essentiel rend chaque publication possible.
En cette nouvelle année, nous vous adressons nos vœux les plus sincères.
Que 2026 soit une année de courage, de lucidité et de renouveau.
Qu’elle apporte à chacun la force de poursuivre, la créativité pour imaginer autrement et l’espoir nécessaire pour bâtir un avenir plus juste !
Merci pour votre professionnalisme, votre disponibilité et votre dévouement. Ensemble, nous avançons avec conviction et détermination.
Radio Francophonie Connexion / Haïti Connexion Network

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