Thursday, August 19, 2010

Opinion: Wyclef ou la revanche des Exclus

Gérard Bissainthe


Opinion: Wyclef ou la revanche des Exclus
jeudi 19 août 2010, à 09:04

Wyclef Jean ou la revanche des Exclus
Par Gérard Bissainthe

La perspective de voir arriver au pouvoir en Haïti Wyclef Jean avec son"street English", son créole approximatif, et son français inexistant,affole nos Intellectuels et surtout nos leaders politiques qu ei sentent court-circuités, et même plutôt baisés par un "resquilleur" qui est entré dans l'arène politique en sautant la barrière des conventions établies. Et tout le "Système" se met debout comme un seul homme pour tenter de l'exclure. Pourtant si on vote demain matin, il est probableque Wyclef Jean sera élu président.



Beaucoup se révoltent et pleurnichent de constater que nous pourrons bien avoir un Wyclef Jean à la tête du pays demain. Mais qui se révolte et pleurniche ? La petite, toute petite minorité d'Intellectuels qui parlent bien français, qui ont imposé un créole classique, constipé, garanti made in Trou-Coucou pour remplacer le créole que chacun de nous recréait chaque jour à son gré et avec une délectation partagée par tous, la petite minorité dont le rêve secret est de maîtriser le meilleur anglais pour pouvoir aller s'amuser dans la cour des grands."Tu te rends compte, ma chère" ou bien "Vous vous rendez compte,mon cher, de ce qui nous arrive? Si ce Wyclef est élu président, quelle langue va-t-il parler à Sarkozy? Et à l'Onu? Même pas un bon créole! Toutj uste un broken English que Shakespeare répudierait! Apres le tremblementde terre du 12 janvier, il ne nous manquait plus que ça! La honte, jevous dis, la honte! Nous allons perdre la face devant le monde entier."Et le Chœur des Pleureurs et des Pleureuses de verser des torrents dechaudes larmes à travers les colonnes de nos medias.

En attendant le peuple, lui, celui qui a faim et qui est toujours maltraité et qui est exclus de tous les festins où se régalent les Intellectuels et les leaders politiques, nous fait comprendre de mille manières que créole, français, anglais ou javanais, il n'en a rien à cirer. Il voit en Wyclef quelqu'un qui lui ressemble, noir comme lui(même si ce petit détail on n'aime pas beaucoup l'entendre), qui est arrivé à franchir la barricade de la misère, qui peut-être va lui montrerà lui peuple, comment la franchir aussi. Wyclef est un Exclus qui est arrivé à s'inclure. S'il entre au Palais National, pense le peuple, nous allons tous entrer avec lui et le Peuple enfin sera au Pouvoir.



La minorité dirigeante se rebiffe: "Non! Le pouvoir doit aller aux plus capables!"

Le Peuple des bidonvilles répond: "Le Pouvoir doit aller au plus grand nombre. Et nous sommes le plus grand nombre. Vive Wyclef!"

La minorité dirigeante monte sur ses grands chevaux et sur ses ergots:"le pouvoir doit aller à la compétence. Nous sommes les plus compétents!Fermez vos djols! Dépi ki leu vagabon té gain la parole ? "



Le Peuple des bidonvilles répond: "Si vraiment le pouvoir doit aller aux plus compétents, les colons étaient plus compétents que vous. Il fallait les laisser. En leur temps Saint-Domingue rapportait 450 millions defrancs-or par an. Aujourd'hui avec vous on est très loin du compte.Comment osez-vous parler de compétence après deux siècles d'échec ? Ladémocratie c'est le pouvoir de la majorité. Nous sommes de beaucoup la majorité. Le pouvoir, nous allons le prendre et le donner àWyclef!"



La minorité dirigeante: "Qu'est-ce qu'il ne faut entendre! Heureusementque nous avons la Minustah pour tenir en respect ces imbéciles! Si Wyclef passe, nous l'obligerons à jouer le jeu. Et s'il refuse de jouer le jeu,nous le ferons sauter."



Dans tout ce brouhaha qui choisirais-je moi-même?Bien sûr, si j'étais dans le domaine serein de l'absolu, d'abord je ne dirais pas a priori de Wyclef qu'il est incompétent, car la compétence en politique ne se juge pas au nombre des diplômes. Antoine Simon sans diplôme a été un meilleur président que bien des présidents fort instruits qui ont occupé le pouvoir avant et après lui. Mais je donnerais la priorité à des leaders dont je connais la valeur, comme Madame Mirlande Hyppolite Manigat, le Docteur Guy Théodore, l'Ambassadeur Raymond Joseph, ou même Jacques Edouard Alexis bouffé par un système qui lui a enlevé au moins les trois quarts de ses moyens. Oui dans le domaine serein de l'absolu. Mais sur le plancher des vaches où nous nous trouvons aujourd'hui, avec une Tutelle et une occupation dont toutdépend, qu'en est-il ?



Ce qui m'intéresse c'est: lequel de tous ces leaders pourra lemieux "bondir hors du cercle et briser le compas" ? Le "cercle"c'est le "Système" qui maintient Haïti sous tutelle. Le "compas" ce sont tous ceux sur lesquels repose ce "Système".

Madame Mirlande Hippolyte Manigat pourra-t-elle réussir la "percée louverturienne" où a échoué Leslie Manigat ? Il nous avait dit pour nous consoler: "Je n'ai pas échoué. J'ai failli réussir." En attendant, mêmesi "l'audace était belle", je le reconnais, il n'a pas changé notre sort.



Tant que le "Système" de Tutelle sera là, le dirigeant du pays, quelqu'il soit, ne sera au mieux que le "commandeur" moderne d'une masse desimili-esclaves affamés et en guenilles, vivant de la charitéinternationale. Ne nous rengorgeons pas, c'est la triste vérité.



Je ne crois pas que Wyclef Jean soit conscient que la mission qu'i ldevrait se donner c'est d'être un Libérateur qui prenne par les cornes le taureau de la Tutelle et fasse tout pour le terrasser. Si les autres le comprennent, s'en donnent-ils les moyens?

Comme c'est le Peuple conscient et organisé qui fera sa propre indépendance, je préconise de quitter Port-au-Prince et ses pompes et ses œuvres et d'aller donner jarrette au peuple là où il est, dispersé à travers nos communes et nos sections communales. Si tout ce peuple se mettait debout demain matin et plébiscitait son dirigeant, sans s'occuper des verrous et des barbelés qu'on a mis autour du pouvoir pour empêcherle peuple d'y entrer, moi je dirai: BRAVO! Ce serait beaucoup mieux que de reprendre le fusil, ce qui est l'autre volet de l'alternative et qui aujourd'hui de plus en plus nous pend au nez commeun coup de pied au derrière.



Vous voulez le Pouvoir, messieurs les Intellectuels? Le pouvoir se prend.C'est ce que vous disent Toussaint et Dessalines. C'est ce que vous dit Washington. C'est ce que vous dit Danton. C'est ce que vous dit Hô-Chi-Minh. C'est ce que vous dit Gandhi. C'est ce que vous dit Mandela. Personne, surtout pas la Minustah, ne va vous l'apporter sur un plateau d'argent.



Le premier ennemi du peuple haïtien, je parle de celui qui croupit dans les bidonvilles, ce n'est d'ailleurs pas la Minustah, c'est vous lesIntellectuels, dont la très grande majorité a fait appel aux forces étrangères au lieu de "take care of your own business". Vous avez jusqu'ici tout quémandé, tout mendié même le courage. Le premier ennemi du peuple haïtien n'est pas un Etranger. Ce n'est pas Bill Clinton qui d'ailleurs a dit récemment combien il regrette qu'à cause de vous il se soit mis le doigt dans l'œil jusqu'au coude. Combien d'Etrangers ont littéralement débloqué à cause de vous, à cause, par exemple, de votre charlemagne-péraltisme à la con, puisque quelques semaine après, vous etiez à ramper devant ceux que Charlemagne Péralte combattait.



Celui qui aura le pouvoir demain, le vrai, c'est celui qui sera le plus près du peuple. Je ne sais pas quelle langue il parlera, ni quelle religion il aura, ni s'il aura des diplômes ou pas. Car au fond tout ça,le peuple s'en balance comme de sa première ou dernière sapate. Et s'i l n'était derrière les verrous de la Minustah, il vous le montrerait demainmatin.



Vous appelez ça d'un mot savant "le populisme" et vous en avez peur. Aristide manipulé a manqué le coche. Le prochain ne le manquera pas. Je ne sais si ce sera Wyclef ou un autre candidat qui aura compris que le peuple l'attend là où il est, à savoir dans les "grassroots", dans les cellules de base du pays. Le jour où un leader aura rejoint le peuple, là où il est, ce jour-là, lui et son équipe seront invincibles.Et Haïti sera enfin sur les rails de son indépendance et de sa prospérité.

Gérard Bissainthe19 août 2010

Wyclef Jean le chanteur devenu candidat
Gerard Bissainthe, l'auteur de l'article ci-dessus
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Tuesday, August 17, 2010

Candidature de Wyclef: Guy Ferolus vs Alfred Valentin

Candidature de Wyclef Jean : Ras-le-bol des donneurs de leçon


Écrit par Guy Ferolus
Mardi, 17 Août 2010 18:35

Je viens de lire avec attention l'article de d'Alfred Valentin sur Wyclef Jean et je le trouve foncièrement outrageant et offensant. Précisons d'entrée de jeu que je ne défends pas Wyclef mais des principes qui vont au-delà de la personne du chanteur du hip hop que je ne connais pas personnellement. Si M. Valentin a raison de faire remarquer que le candidat Wyclef devait réserver l'annonce officielle de sa candidature pour un média haïtien, il a toutefois tombé dans toutes les caricatures et les injures outrancières qui traduisent bien l'embarras de la caste politique haïtienne. M. Valentin en bon francophile mandaté par je ne sais qui pose la question suivante: « En fait, quelle langue Wyclef Jean parle-t-il ? Il ne parle ni le français, ni le créole, nos deux langues officielles. Je m'imagine une conférence de presse conjointe entre Nicolas Sarkozy et son homologue haïtien ».

Pourquoi imaginer Wyclef en conférence de presse avec Sarkozy et non pas avec Obama ou Harper. Cette question, stigmate du colonialisme français, est l'arme fatale de tous les donneurs de leçons qui s'agitent depuis l'annonce de la candidature de Wyclef. « Ceux qui parlent le français n'ont rien fait pour le pays pendant plus de 200 ans». Oui c'est un fait. Et Wyclef a eu raison de le rappeler. La petite bourgeoisie locale, catholique et francophone, n'a toujours exprimé que du mépris pour la masse populaire qui ne parle ni ne comprend le français. Dans notre pays le français est plus qu'une langue, c'est une arme de pouvoir que protège jalousement la caste politique et bourgeoise. Le fait que Wyclef ne parle pas français pose problème à Alfred Valentin et tous les tenants du statu quo mais pas aux habitants de cité soleil, Lassaline, Bel-air, Carrefour, Delmas ou des « pays en dehors ». Allez demander aux paysans, aux victimes du séisme, aux sans-abris de champs-de-Mars et vous verrez que cette question n'est pas le cadet de leur souci. Cette agitation ne concerne que ceux qui arpentent les beaux quartiers de Paris et qui peuvent vous faire tout un cours sur l'œnologie et le camembert. Gardez votre leçon pour vous. Merci on n'en veut pas.

"Ce serait bien qu'il dise de quel " high school " (Lycée) a-t-il reçu son diplôme de fin d'études secondaires entre 1990 et 1992 (car il est né en octobre 1972)! Puisqu'il a grandi dans une ville où le taux d'abandon scolaire est très élevé, il est bien de savoir si, au moins, Wyclef a bouclé ses études secondaires !" On voit bien que notre donneur de leçon a une obsession pour les diplômes. Trouvez un autre argument M. Valentin parce que celui-ci ne tient plus face aux faits. On ne manque pas de diplômés haïtiens, nos dirigeants (excepté le parlement) ont toujours été des gens diplômés et apparemment compétents. Et regardez où nous en sommes aujourd'hui, la vraie question n'est pas le titre ou le diplôme mais le sens de l'état, du patriotisme et de l'intérêt général. Soyons sérieux, a-t-on forcément besoin d'un technocrate a bac+30 pour sortir le pays du marasme actuel? Pas nécessairement. Je ne suis pas entrain de dire qu'il vaut mieux avoir un nul a la tête de l'Etat, j'ai beaucoup d'estime pour ceux qui ont des diplômes, je sais ce que c'est puisqu'ayant moi-même diplômé d'une grande université française mais je combats ce préjugé qui consiste à qualifier quelqu'un de nul parce qu'il n'a pas de diplôme ou n'a pas fréquenté de grandes universités, ou inversement ovationner un nul parce qu'il possède un titre universitaire.

Pour conclure son article, Alfred Valentin met Wyclef Jean au défit de répondre à quelques questions de culture générale. Pourquoi poser des questions de culture générale a Wyclef et non pas aux autres candidats? Parce qu'en tant que chanteur hip hop, il serait présumé débile. Malheureusement ces questions ne sont qu'un écho aux vieux clichés démodés qui hiérarchisent les individus en fonction de leur milieu socioculturel. On peut être chanteur hip hop et pas con. Ou mieux, on peut être superstar du hip hop et cultivé. Il n'y a pas de lien de cause à effet. De plus, pensez-vous que l'actuel président René Préval puisse répondre à vos questions? Considérez-vous ce dernier comme un intellectuel, un homme intelligent et cultivé ayant l'étoffe d'un chef d'état?

Moi aussi j'ai des réserves sur le personnage Wyclef, je me pose des questions sur sa candidature, mais mes interrogations ne sont pas le relais des préoccupations d'un petit clan qui ne cesse de nous cantonner depuis deux siècles la magnificence de la culture et de la langue française comme seule voie de salut.



Guy Ferolus

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La candidature de Wyclef Jean : j'accuse les intellectuels haïtiens PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Alfred Valentin
Mardi, 17 Août 2010 07:23

Comme la majorité de nos compatriotes, je suis attentivement l'affaire de la candidature de Wyclef Jean. Le 5 août 2010 dernier, j'avais également suivi l'émission spéciale que le Larry King Show avait consacré à Haïti en général et à la candidature de Wyclef Jean, en particulier. Quelques réactions sur cette comédie pour lesquelles j'accuse directement les intellectuels haïtiens.

Pourquoi, le 5 août dernier, Wyclef Jean a-t-il préféré annconcer officiellement sa candidature sur une chaîne de télévision étrangère au lieu de le faire sur un média haitien? La réponse est simple: l'individu est complexé. Il sous-estime ce peuple même qu'il pretend aimer et pour qui il veut être le " Moïse des temps modernes ". Il aurait dû le faire dans n'importe quel média national - (Radio Métropole, Signal FM, Télé Nationale, Telemax (sa prope chaîne), etc. -, puis il pourrait accorder une entrevue à n'importe quel média étranger, dont CNN, Radio Canada, Le Droit, France 2 et d'autres.

En fait, quelle langue Wyclef Jean parle-t-il ? Il ne parle ni le français, ni le créole, nos deux langues officielles. Je m'imagine une conférence de presse conjointe entre Nicolas Sarkozy et son homologue haïtien. Comme on va nous tourner en ridicule, comme on l'avait fait l'année dernière à la suite de l'entrevue que son compère Shaba de Dyakout Mizik avait accordée à RFI. Le pire, c'est que, Wyclef ne parle pas vraiment bien l'anglais. Bien sûr, il parle la langue de la rue puisqu'il a grandi dans le pays, mais il en ignore les règles les plus élémentaires. J'en veux pour preuve les deux phrases « I don't hear nothing » et le « Young youth of Haiti » qu'il a données à Wolf Blitzer au cours de l'interview de jeudi soir dernier. En fait, ce n'est pas grave, car, selon ses dires, nous devons tous parler l'anglais en Haïti, surtout que, continue-t-il, « ceux qui parlent le français n'ont rien fait pour le pays pendant plus de 200 ans». Cette déclarattion a été une bonne paire de giffle au visage des intellectuels. Qui pis est, pas un seul d'entre eux n'a osé donner une réplique au chanteur de hip hop. Qui ne dit mot, consent. De toute façon, je m'imagine déjà la fin totale des choses culturelles dans le pays. D'ailleurs, Wyclef ne connaît rien de rien de la culture haïtienne, rien de notre musique, de notre littérature, de notre peinture. Il ne connaît même pas notre Histoire, à part les noms de Toussaint, de Dessalines et de Christophe qu'il connaît, sans pouvoir parler même superficiellement de la politique d'un seul de ces anciens héros.

Wyclef a tout d'un narcissique et d'un mégalomane. Tout se tourne autour de lui. Monsieur aime son nom. Il l'a cité au moins dix fois en moins de trente minutes, sans compter les « I » (moi). C'est ce qu'on appelle " culte de la personnalité ". Imaginez-vous ce type devenir président du pays ? D'ailleurs, il pense que tout le monde a peur de lui. Au cours d'une entrevue à l'émission floridienne « Bonjour Haïti » le 4 août dernier, il a demandé aux autres candidats de ne ni « trembler » ni de « paniquer » parce que « Wyclef est candidat… » Donc, il est sûr de lui, sûr de son messianisme. Ensuite, il ne cesse de rappeller au président René Preval qu'il avait voté pour lui lors des dernières élections présidentielles. Cela signifie que M. Préval doit lui retourner l'ascenseur.

Dans cette affaire de Wyclef, je crois que la presse, si elle n'est pas corrompue et ne reçoit pas de pourboires du chanteur, doit jouer son rôle de façon sérieuse. Car en fait, nous ne connaissons pas vraiment Wyclef. On le voit à la télé, on l'applaudit, et c'est tout ! Il est du devoir de la presse de former et d'informer le public ! Qui connaît la vie de Wyclef Jean avant sa célébrité avec le groupe « Fugees » ? A part du musicien, qui connaît d'autres aspects de la formation de Wyclef ? Qui connaît ses idéologies ? Il est arrivé aux Etats-Unis à l'âge de 9 ans. Ce serait bien qu'il dise de quel " high school " (Lycée) a-t-il reçu son diplôme de fin d'études secondaires entre 1990 et 1992 (car il est né en octobre 1972)! Puisqu'il a grandi dans une ville où le taux d'abandon scolaire est très élevé, il est bien de savoir si, au moins, Wyclef a bouclé ses études secondaires !

Ensuite, Wyclef a souvent tendance à exagérer les faits. Il a déclaré qu'il ne pouvait pas demeurer « pendant cinq ans consécutifs dans le pays » à cause de ses obligations en tant qu'ambassadeur de bonne volonté. Cela ne tient pas. Préval avait nommé Wyclef à ce poste (ce qui était une grave erreur) en avril 2007, donc trois ans de cela. Il a également affirmé avoir fréquenté Berkeley. Etait-ce dans le cadre d'un programme régulier pouvant se déboucher sur une licence (BA ou BS)? Ou bien, fréquentait-il cette institution dans le cadre d'un programme spécial? Certaines universités n'ont aucun probleme à accepter qu'une superstar suive des cours à titre d'auditeur ou de participer à un programme spécial pouvant déboucher sur un certificat de participation. Certaines universités pourraient même offrir une chaire d'enseignant à une superstar de la trempe de Wyclef, s'il en avait les compétences, pour dispenser des cours de musique hip hop.

L'idée, ce n'est pas d'agir avec méchanceté avec « L'Honorable Ambassadeur », mais tout ce qu'on réclame de lui c'est de prouver qu'il a le minimum pour diriger une nation aussi importante que la nôtre. On ne s'adresse pas à la vedette Wyclef qui va se présenter sur une scène musicale. L'on se trouve plutôt en présence d'un éventuel chef d'Etat, ce qui n'est pas une plaisanterie. Il veut faire croire que nous questionnons ses capacités parce qu'il « parle le créole comme nous, et que l'ancien président Bill Clinton ne l'aurait jamais fait ». En tenant ce genre de lagage codé, il n'entend qu'à simplement diviser davantage la société haïtienne. Avait-on questionné les capacités intellectuelles de Jean-Bertrand Aristide, qui parle le créole (le français et l'anglais) beaucoup mieux que lui? Les journalistes ont donc pour devoir de le questionner sur des choses sérieuses, telle la gestion de Yele Haiti. Si Sean Penn a le courage de le faire, ils ont pour devoir et obligation de le faire également, cela de façon plus approfondie, car le rôle de la presse est de former et d'informer le peuple en toute objectivité. Autre point : c'est bien que Wyclef Jean n'a jamais renoncé à sa nationalité. Est-ce par pur patriotisme ou bien aurait-il quelque autre empêchement ?

Ensuite, Wyclef a parlé des études de Jean-Claude Duvalier, comparées aux siennes. Il doit comprendre que, qu'il le veuille ou pas, Jean-Claude Duvalier, en tant que fils de président, a grandi dans les couloirs du pouvoir. Alors, gouverner n'était pas difficile pour Baby Doc, car il avait en sa disposition toute la machine de répression de son père dont il ne faisait que continuer à la lettre les œuvres criminelles,avec l'aide d'une « régence » composée de sa mère, de Luckner Cambronne, de Jacques Gracia, de Zacharie Delva, etc. En fait, Wyclef doit constater et analyser les résultats négatifs de la présidence de Duvalier fils.

On dit que Wyclef Jean n'aura pas besoin de l'argent du pays car il en a assez. Cet argument est faible pour plusieurs raisons. Une première : l'homme est un éternel insatisfait. Deux : Dans un gouvernement, il n'y a pas que le président à détourner les fonds. Tous les ministres de Wyclef et ses collaborateurs seront-ils tous des millionaires comme lui ? Nous savons déjà clairement que les amis de Wyclef qui mènent une campagne active pour lui aux Etats-Unis (les King Kino, les Jensen Desrosiers…) sont tous de potentiels ministres ou grands commis de l'Etat. Ces gars sont-ils millionnaires ? Signalons que l'ancien président Aristide avait au moins la décence de ne pas placer King Kino à aucun ministère, à cause du niveau d'étude à peine primaire de ce chanteur.

Ensuite, c'est insensé de vouloir comparer la candidature de Wyclef Jean avec Ronald Reagan et Arnold Schwarzenegger. Ronald Reagan a fait ses études universitaires à Eureka College, dans l'Etat d'Illinois. Il y a obtenu un diplôme en Sciences Economiques et en Sociologie. Il était gouverneur de la Californie. Arnold Schwarzenegger est diplômé de l'Université de Wisconsin. En plus, il est un homme d'affaire réussi et fait partie de la famille politique la plus connu des Etats-Unis : il est le mari de Maria Shriver, une journaliste, fille de Sargent Shriver, un ancien diplomate et d'Eunice Kennedy, sœur du président John F. Kennedy.

Quelques simples questions au candidat « drafted » par les étudiants d'université :

---A quel niveau Wyclef peut-il parler d'une réforme scolaire et universitaire en Haïti ?

---A quel niveau Wyclef peut-il comprendre le fonctionnement des trois branches de pouvoir ?

--- A quel niveau Wyclef peut-il parler de plafond monétaire ?

--- A quel niveau Wyclef peut-il parler de la mémoire d'un Anténor Firmin, d'un Jean Price Mars, d'un Hannibal Price, d'un Louis Joseph Janvier ?

--- A quel niveau Wyclef peut-il parler de la musique haïtienne ?

--- A quel niveau Wyclef peut-il résoudre un conflit entre notre religion traditionnelle et les confessions catholique et protestantes ?

En tout cas, dans cette affaire de Wyclef Jean, nous n'avons qu'à remercier l'élite intellectuelle du pays. « Vous autres intellectuels, vous représentez tout le malheur du pays », comme l'avait si bien dit Pyram dans la pièce " Pèlin Tèt " de Frankétienne. Pourquoi ce même Franketienne et les autres intellectuels et hommes de plume du pays ne parlent-ils pas ouvertement pour faire voir le danger que représente ce Wyclef Jean pour Haïti et pour notre culture? Ils ne le feront pas car ils sont relativement bien lotis. Leurs enfants fréquentent les meilleures universités étrangères. Tremblement de terre ou pas, ils sont bien nourris et ne dorment pas sous des tentes. Ceux qui vivent à l'étranger mènent un style de vie princier, recevant assez souvent des récompenses littéraires qui leur rendent très connus internationalement. Donc, ils feront silence, ne voulant déranger personne. D'ailleurs, la misère du peuple inspire les Dany Laferrière, René Depestre, Frankétienne à écrire des romans pour lesquels ils gagnent beaucoup d'argent. Une comédie comme celle de Wyclef peut inspirer bien de romans et de pièces de théâtres ! Je n'ai rien contre ces hommes. Tout ce qu'on leur demande tout simplement est de prendre une position ouverte sur cette affaire. Ne dites pas que vous défendez le peuple avec votre plume. Cette affaire de Wyclef est une honte pour la nation haïtienne, un danger pour la francophonie et la créolophonie. Wyclef est une victoire sûre pour la cacophonie culturelle. Oui, messieurs les intellecteuls, vous devez faire des déclarations de principe. Vous devez guider le peuple. Vous devez guider la jeunesse du pays. C'est votre devoir ! C'est une honte d'entendre Wyclef Jean déclarer qu'il a été « draft » (sélectionné) par la jeunesse et qu'il a l'appui de la jeunesse estudiandine. C'est une honte !

Je m'attends à voir de ces intellectuels sans vergogne qui accepteront des positions dans une éventuelle administration Wyclef. Ils diront évidemment avoir répondu à l'appel du pays, car ces intellectuels, opportunistes véreux, se diront toujours « être en réserve de la République », selon l'expression de Leslie Manigat. Cela ne nous étonnera pas surtout que, en avril 1971, à la mort de Papa Doc, donc, à l'arrivée au pouvoir de Baby Doc, Hubert de Ronceray, brillant intellectuel, avait écrit un article intitulé : « Un géant s'en va, un génie le remplace ! » - le géant étant François Duvalier, le génie, Jean-Claude Duvalier. Nous n'oublierons pas non plus les bassesses et les acrobaties d'intellectuels tels que René Piquion, Gérard de Catalogne et d'autres.

C'est une honte pour les intellectuels du pays de voir des primaires de la trempe de Wyclef Jean, de King Kino et d'autres encore voulant diriger le pays. C'est une honte pour entendre qu'un Gracia Delva voulant devenir député de Marchand-Dessalines, une ville qui compte tant de gens bien formés ! Et je parie que ce sont ces genres de citoyens sans éducation qui dirigeront le pays pendant longtemps encore. Car ce sont eux qui se présentent toujours à la télévision en moments de crise. Après le séisme, avait-on vu Franketienne, Leslie Manigat, Gérard Gourgue, Rosny Desroches, René Depestre et les autres intellectuels dans les rues pour aider la population ? Dany Laferrière se trouvait en Haïti ce 12 janvier. L'avait-on vu dans les rues pour voler au secours des victimes ? Au contraire, au début d'avril 2010, moins de trois mois après le séisme, Dany Laferrière a écrit un livre sur la catastrophe intitulé « Tout bouge autour de moi ». Au moins, il aurait pû donner au moins un pourcentage aux victimes. On l'a vu plutôt se parader sur des plateaux de télévisions français racontant des histoires les unes les plus idiotes que les autres. Frankétienne, lui, se souciait de sa bibliothèque. Qui avait-on vu dans les rues ? Exactement, ces primaires qui veulent nous diriger ! « Ventre affamé n'ayant pas d'oreilles », la population aura tendance à choisir ces imbéciles qu'ils voient au lieu des gens préparés qu'ils ne voient qu'à la veille des élections. On doit admettre que nos intellectuels sont toujours distants du peuple. Combien de fois Leslie Manigat s'est-il rendu dans un lycée de la capitale ou de nos villes de province pour présenter des cours aux étudiants avides de connaissance ?

Ces intellectuels doivent comprendre que s'ils ne se montrent pas sensibles à la douleur, à la misère et aux besoins élémentaires du peuple de façon concrète, ils n'obtiendront jamais son vote. Ils doivent changer de stratégie, s'ils ne veulent être pas dirigés par des gens non qualifiés. C'est une honte que Mirlande Manigat, une dame bien formée, l'une des rares de la liste de la trentaine de candidats vraiment qualifiée pour diriger le pays, sera battue aux urnes par quelqu'un qui ne peut être ni son élève ni l'élève de son mari ni l'élève de sa fille. Toute la faute est à son mari, Leslie François Manigat. Si Wyclef Jean gagne ces élections, le professeur doit se résigner à donner sa bibliothèque à des jeunes, car il semble que ce politologue n'a jamais lu les livres qu'il a lui même écrits ni ceux auxquels il fait souvent référence. Où sont les Laennec Hurbon, Jean Métellus, Dany Laferrière, Gary Victor... Prenez vos plumes. Ces intellectuels ont même peur de citer le nom de Wyclef Jean. Si on doit le critiquer, on le fait de façon voilée. Il a bien raison de leur demander de ne pas « paniquer ». Quelle giffle !

C'est une honte de voir Sean Penn défendre le pays alors que nos intellectuels, eux, se taisent. Je vais mourir de rire lorsque les Manigat, Gourgue, Frankétienne et autres appeler Wyclef Jean « Monsieur le président de la République ». Je parie que plus d'un de ces flatteurs professionnels vont monter au créneau pour défendre ces intellectuels. On a besoin de ces derniers, mais ils doivent savoir qu'ils ont une responsabilité sacrée de guider la jeunesse du pays abandonnée aux mains de gens sans formation.

Que Wyclef Jean soit élu ou pas, il bouleversera la politique et la société haïtienne au moins pendant le prochain quart de siècle. Alors, je vous accuse, messieurs les intellectuels !
Mise à jour le Mardi, 17 Août 2010 18:35

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Le municipalisme: Jean E René vs Gerard Bissainthe



Bissainthe, deux maudits mots
De Jean Erich René

Je m'empresse de vous réveiller de votre sommeil léthargique des Prêtres défroqués du Petit Séminaire Collège St Martial, les seuls qui maitrisaient l'Arme de la Dialectique vers les années 1950. Aussi ils se croyaient investis du pouvoir de tout entreprendre, même de renverser les Gouvernements, grâce à la Lumière du Saint Esprit. Leurs discours et leurs mauvais coups étaient acceptés comme les paroles de l'évangile. Aujourd'hui grâce à l'Internet il est aisé pour quiconque de souligner leurs contradictions et leurs bêtises déguisées en sacrements pour tromper les imbéciles. Vous n'avez plus le monopole de la diffusion de la pensée. C'est pourquoi nous je refuse d'avaler comme une hostie consacrée vos propositions MUNICIPALISTES.

Sommes-nous en démocratie ou non? Pourquoi vous refusez tout débat sur une question d'intérêt général ? Que voulez-vous cacher? Je pourrais vous remettre la monnaie de votre pièce relativement aux postillons que vous venez de lancer sur le Web mais je suis certain qu'ils vont retomber dans vos propres narines, faute de ne pouvoir atteindre son cible placé plus haut que votre tête. En l'occurence, je préfère économiser mes salives pour un usage beaucoup plus judicieux, mais ce n'est que partie remise.

Dans mon exposé j'ai été assez courtois pour vous faire comprendre l'illégalité de votre entreprise pourtant salutaire, sans évoquer ses aspects ténébreux. Aussi ai-je fait appel aux lettres de la Constitution pour son baptême légal en empruntant les créneaux des Collectivités Territoriales prévus par la Constitution de 1987. je voudrais vous faire comprendre que seuls les Maires légalement appelés à siéger au niveau du Conseil Consultatif sont autorisés à canaliser les deniers de la République au niveau des dépenses de chaque ville afin d'y aménager les structures adéquates au profit des citoyens.

Il faut vraiment porter des oeillères, avoir des oreilles plus longues que la tête pour braire de la sorte en laissant entendre qu'une Association Privée puisse prendre en main des initiaves réservées à l'Etat. Sauf les baudets mal scellés peuvent se comporter de la sorte. Maitre Aliboron réclame une cotisation moyennant un Certificat qu'il va délivrer à l'Assemblée des têtes plates.

Gérard Bissainthe,

Personne ne va mordre à votre hameçon puisque le moment ne s'y prête plus. Le parallèle que vous avez établi entre les Ecoles, les Hopitaux, les Compagnies de sécurité privés est du pur sophisme. Toutes ces entreprises prises privées fonctionnent sous les lois de la République et sont placées sous le contrôle de leurs Ministères respectifs tels que Education Nationale, Santé Publique, Défense Nationale et Sécurité Publique.

Dans quel merdier allez-vous mettre une fois de plus vos suiveurs ? Je suis heureux que vous ayez fait allusion à l'Organisation des 13 de Jeune Haiti enm ce qui concerne la liberté de la parution du Journal du même nom sur le territoire de la démocratie étoilée. Pourquoi ne l'aviez-vous pas imprimé et distribué en Haiti à cette époque puisque vous étiez encore plus brave au cours de votre jeunesse? Force nous est donnée de constater que vous n'avez pas accompagné les 13 au cours de leur débarquement à Petite Rivière Dame-Marie. 46 ans après vous êtes encore ingambe pour conduirr d'autres Jeunes Haiti à l'abattoir.

Les enseignements du passé sont indispensables pour éclairer l'avenir. A vos âges je pense qu'il serait plus sage et plus approprié de réprimer ce réflexe de Robin des Bois ou du Capitaine Flamme ou encore de Tarzan, des aventures romanesques offertes aux enfants pour les calmer tandis que les adultes s'occupent à ramasser les sous pour assurer les dépenses de la Maison.

Gérard Bissainthe, Serge Pierre et co, la meilleure façon d'accomplir vos devoirs de citoyen ce n'est pas en adoptant la rebellion comme moyen de fonctionnenent. Si vous voulez vraiment voler au secours des citoyens d'Haïti vaut mieux vous inscrire aux élections municipales, CASECS et ASECS. Dans ce cas vous serez dûment mandatés pour entreprendre de louables initiatives pour vos administrés. Dans la diaspora vos démarches ne porteront pas de fruit, sinon que vous assimilez à de vulgaires profiteurs que la loi finira par coincer. C'est aux pieds du mûr que l'on connait le bon maçon.

Plenty full to you !

Jean Erich René


To: HaitiConnexion@yahoogroups.com; grandsdebats@yahoogroups.com; haiticonnexion@...; haiti-nation@googlegroups.com; debanasyonal@yahoogroups.com; action-municipaliste@yahoogroups.com
From: gerarbis@...
Date: Tue, 17 Aug 2010 14:57:15 +0200
Subject: [HaitiConnexion] le mouvement municipaliste pas seulement permis, c'est un=A devoir [1 Attachment]


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Le mouvement municipaliste
n'est pas seulement permis,
mais il est un devoir

par Gérard Bissainthe

Je tiens à répondre à cet argument spécieux et dangereux qui consiste à affirmer que SEUL LE GOUVERNEMENT CENTRAL A AUJOURD'HUI LE DROIT D'IMPLEMENTER LE MUNICIPALISME effectivement prescrit et exigé par la constitution de 1987. Tout simplement d’abord et d’une manière générale, lorsque l'Etat ne fait pas ce qu'il doit faire, les citoyens ont le devoir de suppléer aux déficiences de l'Etat, en faisant dans le domaine privé ce que l'Etat ne fait pas dans le domaine qui est le sien, le domaine public. Et ce devoir des citoyens est un devoir essentiel dans les questions essentielles.

Cela s'est toujours vérifié et se vérifie chaque jour dans plusieurs secteurs, dont voici des exemples:
1.- L'Etat a pour devoir de donner accès à une éducation minimale à tous les citoyens. Or, en Haïti l'Etat est loin de le faire. Les citoyens n'ont pas attendu et n'attendent pas l'Etat. Ils fondent des écoles dans le domaine privé qui suppléent aux déficiences de l'Etat.
2.- L'Etat a pour devoir de donner accès aux soins médicaux au moins basiques à tous les citoyens. Or, en Haïti l'Etat est loin de le faire. Les citoyens n'ont pas attendu et n'attendent pas l'Etat. Ils fondent des cliniques et des hôpitaux dans le domaine privé qui suppléent aux déficiences de l'Etat.
3.- L'Etat a pour devoir d’assurer dans toutes les parties du pays des services fondamentaux, en particulier des services de sécurité. Or en Haïti l'Etat est loin de le faire. Les citoyens n'ont pas attendu et n'attendent pas l'Etat. Ils ont recours à des compagnies de sécurité PRIVEES qui pullulent à travers le pays.

Citer les articles de la Constitution qui prévoient et exigent la décentralisation et donc le municipalisme, alors que l'Etat qui pourrait facilement le faire ne l'a jamais fait ET SURTOUT NE LE FERA JAMAIS DANS LE SYSTEME ACTUEL, est un exercice ou de profond cynisme ou de profonde naïveté. C'est la raison pour laquelle les citoyens qui aiment réellement leur pays et qui sont courageux, se disent: ce que l'Etat refuse aujourd'hui de faire et ce que l'Etat, aussi longtemps qu'il est enfonce dans le système actuel dont la centralisation est le clé de voute, ne fera jamais, ce que l'Etat refuse de faire dans le domaine public, nous allons le faire dans le domaine privé. Car le mouvement municipaliste n'est rien d'autre que la systématisation de quelque chose qui se fait déjà pratiquement depuis toujours: le Docteur Guy Theodore à Pignon, Francisque jean-Charles dans le Nord-Ouest en suppléant aux déficiences de l'Etat fontt depuis longtemps du municipalisme-en-action. Ils ne sont pas les seuls: des centaines de citoyen(ne)s haïtien(ne)s font depuis longtemps du municipalisme-en-action. Ce que le Mouvement Municipaliste préconise c'est de faire de manière scientifique et organisée ce qui se fait déjà de manière empirique et sans organisation.

Qu'en est-il de la légalité? Le mouvement municipaliste se base essentiellement sur le DROIT D'ASSOCIATION.

Les objections de beaucoup de nos compatriotes viennent d'une conception totalement erronée de certains droits démocratiques fondamentaux, comme précisément la liberté d'association et la liberté d'expression.

Pour illustrer mon propos, voici, par exemple, ce qui m'est arrive en 1963, lorsqu'à la tête du mouvement révolutionnaire Jeune Haïti, je suis allé à la Mairie de Manhattan pour demander une autorisation de publier notre journal dont le nom devait être aussi JEUNE HAITI. Le fonctionnaire municipal auquel je me suis adressé m'a dit que je n'avais besoin d'aucune autorisation. Comme j'exprimais mon incrédulité, il se mit à me faire un vrai cours de démocratie, en me donnant l'impression qu'il me croyait sorti de Trou-Coucou pour ignorer des choses aussi fondamentales.
Il faut me comprendre. Je venais alors d'Haïti où pour faire un pet il fallait l'autorisation de Duvalier, et encore fallait-il qu'il soit calibré. Sur ce point d'ailleurs, les choses n'ont pas beaucoup changé aujourd'hui. Et le monsieur qui prétend que nous avons besoin de toute une batterie d'autorisations nationales et internationales pour mettre un pied devant l'autre et que sans cela on est en train de lui préparer un coup fourré, ce monsieur est en fait un pur produit et un propagandiste de l'université duvaliériste. Voici le petit cours succinct que me fit ce fonctionnaire de la mairie de Manhattan:
"Vous êtes ici dans un pays libre. Vous n'avez besoin d'aucune permission pour faire paraitre un journal. C'est ça la démocratie et c'est ce qu'on appelle la liberté d'expression. Publiez votre journal quand et comme vous voulez. Nous vous demandons seulement de nous envoyer un exemplaire de chaque numéro pour notre bibliothèque municipale centrale."

Je devais plus tard me rendre compte qu'il en est de même pour la liberté d'association. Les citoyens n'ont besoin d'aucune autorisation pour s'associer et se regrouper dans un pays démocratique. L'Etat peut, aussi bien pour les publications que pour les associations, imposer quelques conditions pour avoir accès à certains avantages, comme par exemple certains avantages postaux ou fiscaux. L'Etat peut aussi interdire une association ou une publication qui portent, par exemple, atteinte à l'ordre public. Mais il ne peut le faire de manière arbitraire; et là encore les citoyens ont un droit de recours à des organismes publics qui sont mis en place pour les défendre.

Devant la carence de notre Etat qui depuis longtemps refuse, dans les faits, d'implémenter la décentralisation, les démarches et les actions entreprises dans le domaine privé, parallèle au domaine public de l'Etat, du genre de celles des Municipalistes d'aujourd'hui, ces démarches et ces actions sont non seulement un droit, mais un devoir citoyen. Ce droit et ce devoir citoyens sont du même ordre que le droit et le devoir citoyens des membres de la Diaspora haïtienne qui envoient chaque jour des sommes considérables en Haïti, sans attendre que l'Etat les y autorise.

Qu'il soit donc bien clair que le Municipalisme, tel que le Mouvement municipaliste actuel entend le pratiquer, est non seulement parfaitement légal, mais il répond à un devoir, le devoir naturel des citoyens de suppléer dans le domaine privé aux carences de l'Etat.

Le fétichisme de tous ceux qui sont tout le temps en train de citer des articles de la constitution pour empêcher des citoyens de faire leurs devoirs procède d'une lâcheté fondamentale et d'une grave faiblesse mentale, celles de ceux "qui filtrent le moucheron et avalent le chameau". Ils s'accommodent très bien d'une Tutelle qui a fait voler en éclats la clé de voute de notre constitution et de notre Etat, et en même temps ils cherchent des puces à tous les citoyens qui ne se contentent pas comme eux de rester assis à aboyer sur le bord de la route, ou à pleurnicher, et sont décidés à agir et agissent.

Que la caravane municipaliste passe et continue sa route, pendant que les roquets continuent à japper; ils n’ont jamais su faire que ça. .

Personnellement je ne demande pas de boycotter les élections qui vont venir. Si le choix tombe sur les plus valables des candidats (et j’en vois de très capables), je crains seulement que le Moloch du "Système" ne continue à dévorer nos meilleurs, comme il l'a toujours fait jusqu'ici. C'est pour cela qu'il est préférable de faire confiance et de faire appel aux deux grands Exclus de ce Système:
-le peuple de la base, celui des sections communales
-et la Diaspora,
et de leur dire :
"Debout!
Stand up and be counted!"

Quand les deux se donneront la main, c'est le Système qui finalement sautera.

Il n'y aura pas de "guerre civile". Car la guerre civile c'est la "Dialectique des Armes" et nous sommes dans "l'Arme de la Dialectique." La guerre civile c'est du "Hard" et nous sommes dans le "SOFT".

La violence fait partie des mauvaises manières que nous devons exclure de notre monde. La Minustah avant d'être une aberration est surtout un anachronisme. Les Minusthiens sont aussi des loups-garous ké jou baré. Qu’ils retournent à leurs antres !

Lorsque toutes nos sections communales seront des sortes de petites républiques autonomes reliées entre elles par un grand contrat d'association appelé la Constitution, ce jour-là Haïti sera, à l'instar des Etats-Unis, de la France, du Canada, de l'Allemagne, une nation enfin sur les rails de l'indépendance, la vraie, de la prospérité et du progrès. La Tutelle dont le ressort fondamental est la centralisation administrative fondra comme neige au soleil. Les Ambassadeurs étrangers resteront là où ils doivent être, à savoir dans leurs Ambassades et ne se sentiront plus obligés, comme aujourd'hui, d'aller tous les jours dès l'aurore faire le clown sur la scène et même l'avant-scène de notre politique. Chacun sera là où il doit être être. The right person the right place.

Fini ce carnaval où tout le monde danse partout, Clinton la macarena, l'Ambassadeur de France la java, l'Ambassadeur du Brésil la bamba, pendant que Préval, lui, dit qu'il ne fera ni un pas Kita ni un pas Nago.

Nous mourons de soif au bord de notre fontaine. Implémentons chacun, là où nous sommes, le municipalisme, en donnant jarrette à chacune de nos sections communales pour leur permettre de ne plus attendre la manne du pouvoir central.

Je ne dis pas: à mort les cerveaux de zandolite! Car ils ne valent pas la corde pour les pendre.

Mettons tous, non plus l’ineptie et la débilité, mais l'imagination et l'audace au pouvoir!

DIASPORTA + SECTIONS COMUNALES
= INDEPENDANCE ET PROPERITE NATIONALES !

Gérard Bissainthe
17 août 2010

Monday, August 16, 2010

Ginette Cherubin du CEP demissionera ou demissionera pas?

Au sein des organisations de femmes et plusieurs organisations de la societe civile le debat sur Ginette Cherubin membre du CEP fait rage.


Deux courants s'affrontent:

Le premier courant affirme que Ginette Cherubin n'acceptera pas de jouer le jeu des corrompus, la violation de la constitution de 1987 et la loi par l'acceptation de candidats qui pour une raison ou une autre ne respectent les criteres ou qui sont corrompus. Ce camp affirme qu'elle demissionera!


Le deuxieme camp affirme qu'elle est corrompue comme les autres membres du CEP. Selon eux, elle n'acceptera pas de demissionner et va jouer le jeu des corrompus au pouvoir. Ce camp avance que sa demission entrainerait la perte de trois salaires pour la famille. Selon ce camp Ginette a deux membres de sa famille qui sont sur le payroll du CEP comme consultants. Selon ce camp Preval aurait charge Marie Laurence Lassegue de mettre de l'eau dans le vin de Cherubin! Est-ce que l'ancienne ministre de la condition feminine demissionera? Dans vingt quatre heures on aura la reponse...


Le communiqué numéro 16 du CEP au cœur des débats


Lundi, 16 Août 2010 16:46 (Signal FM)

ginettecherubin160810Le politologue Gracien Jean, l’ancien député Jean David Genesté et la conseillère électorale Ginette Chérubin étaient les invités de Lucien Jurah et de Frantz Exantus ce samedi 14 aout, à l’émission Moment vérité sur Signal F.M.


Il s’agissait une nouvelle fois de commentaires légaux, contradictoires en réaction au communiqué numéro 16 du CEP relatif au certificat de décharges, tous pour condamner l’attitude des conseillers électoraux.


Le politologue Gracien Jean estime que c’est un mauvais précédent institutionnel puisque l’article 135-f de la constitution est, on ne peut plus, clair et qu’il revenait à l’Institution électorale d’appliquer la loi contre tous les prétendants ayant présenté un dossier de candidature sans le certificat de décharges.


M. Jean soutient que les conseillers électoraux peuvent être poursuivis à tout moment par la justice haitienne.



Pour sa part, l’ancien député Jean David Genesté évoque la hiérarchie des normes pour dénoncer ce communiqué. Jean David Genesté y voit une volonté manifeste du CEP de violer toutes les lois du pays dans le but de faire le jeu du pouvoir en place.



Dans ses tentatives d’explications, la conseillère électorale Ginette Chérubin estime que de toute façon c’est un problème qui devait être posé soit par le CEP, l’exécutif ou le parlement dénonçant au passage la fameuse commission bicamérale de la 48ème législature qui dit-elle, n’a pas su se montrer à la hauteur de ses responsabilités.

CEP et Décisions du Contentieux électoral

Membres: Un candidat, Jean Bertin est chassé de la course. Les contestations envers d'autres candidats mis de coté.Cela va-t-il influencer le CEP et les "carnets" qui seront distribués demain? Qui vivra verra! Lisez ce que dit Radio Kiskeya plus bas.

Harry Fouche:

Fuite sur les choix des candidats acceptes

From: Stanley Lucas [mailto:centurionlucas@gmail.com] (sur le forum HC)
Sent: Monday, August 16, 2010 7:27 AM
To: G. Stanley Lucas
Subject: DECHARGE: COUP D'ETAT DU BUREAU DU CONTENTIEUX DU CEP? PAUL DENIS VILLIPENDE!


A quoi joue les membres Bureau du Contentieux du CEP corrompu et discredite en publiant dans la presse une liste des candidats provisoires? Pourquoi n'ont-ils pas termine le processus interne d'analyse des candidatures ou les neuf membres du CEP prennent la decision finale? Pourquoi ont-ils publie cette liste dans la presse avant meme que les membres du CEP decident? Ont-ils ete payes pour saboter le processus interne de prise de decision du CEP?

Paul Denis, le ministre de la Justice et ancien membre de la commission d'enquete sur la corruption d'Aristide est le premier a recevoir la gifle. Le Bureau du Contentieux Corrompu du CEP n'a pas prit en compte son rapport.

La population a recue la seconde gifle. En effet les anciens officiels impliques dans la corruption des dernieres annees sont proposes au CEP comme des candidats propres. Dans ce processus la constitution n'a pas ete non plus prit en compte.

La troisieme gifle va aux organisations de la societe civile se battant pour le respect de la constitution, de la loi et la democratie et luttant contre la corruption. Leurs luttes et efforts des dernieres annees sont a la poubelle.

Selon une source des membres de la Commission du Contentieux ont profite de l'occasion pour faire leur beurre. Dans ce deal de l'argent a ete verse en grande quantite. Le Groupe de Bourdon n'a pas menage la bourse en faveur de son poulain. D'autres candidats ont fait le meme geste. Gwo woulman mezanmi!!! Yo di mwen ke neg ki nan biwo sa ap byen mennen jodia, neg yo byen touche!

Ce deal a aussi un aspect politique, renvoi pour plus tard les affrontements et donne a l'Inite le temps d'eliminer des candidats autrement.

Est-ce que Ginette Cherubin, membre du CEP, confirmera la corruption et le viol de la constitution? Est-ce que Lassegue lui fera avaler la pilule? Est-ce que l'ensemble des membres de cette institution s'afficheront comme le CEP le plus corrompu de l'histoire politique de notre pays?

Cette fuite dans la presse du Bureau du Contentieux sur la liste avant meme la decision du CEP est un test pour determiner si le pays, les democrates et ceux qui se battent pour la democratie, les elections libres et contre la corruption vont avaler la pilule amer.

Une fois encore Haiti via le Bureau du Contentieux vient de demontrer qu'elle occupe a juste titre sa place comme l'un des trois pays les plus corrompus du monde. Je suis certain qu'il n'y aura pas de mise en garde de la mission d'observation internationale. Nous allons observer les reactions des organisations de la societe civile et des acteurs politiques.

Décisions du Contentieux électoral : La candidature de Jean Bertin (PSH) rejetée, toutes les autres contestées maintenues

Pas encore de décision sur la contestation contre Leslie Voltaire (Ansanm Nou Fò)/Le CEP doit se prononcer le 17 août sur la liste définitive des candidats à la présidence

dimanche 15 août 2010,

Radio Kiskeya



Le Bureau du Contentieux Electoral Départemental de l’Ouest 1 (BCED 1) a affiché dimanche à la Direction des opérations électorales (Delmas) les verdicts qu’il a adoptés dans les différents cas de contestation de candidature à la présidence qu’il a reçus et qui ont donné lieu à des audiences publiques au cours desquelles les avocats des concernés ont fait valoir leur point de vue.

Après analyse des dossiers, le BCED 1 a pris les décisions suivantes :

- La candidature de Jean Bertin sous la bannière du PSH est rejetée au profit de celle du maire de Delmas, Wilson Jeudy, qui se présente sous la bannière de la coalition « Force 2010 » au sein de laquelle se trouve le PSH. La contestation contre la candidature de Jean Bertin (veuf de feu Me Mireille Durocher Bertin) avait été introduite par le nommé Pierre Gaston Garnier.

- Le Contentieux électoral maintient la candidature de l’ancien premier ministre Jacques Edouard Alexis (MPH) contre la contestation introduite par le citoyen Guitner Baptiste.

- La candidature à la présidence de l’ancien premier ministre Yvon Neptune (Ayisyen pou Ayiti) est maintenue suite au rejet de la contestation introduite contre lui par le même Guitner Baptiste.

- Le Contentieux électoral maintient les candidatures à la présidence de Wyclef Jean (Viv Ansanm), Michel Martelly (Repons Peyizan), Lavarice Gaudin (Veye Yo), Kesler Dalmacy (Indépendant) qui avaient été contestées par les citoyens Wilfrid Jean Louis et Baptiste Guitner.

- Aucune décision du BCED 1 n’a encore été publiée concernant Leslie Voltaire (« Ansanm nou fò ») dont la candidature à la présidence avait été également contestée.

- Concernant le candidat de la Plateforme présidentielle INITE (Unité), Jude Célestin, le BCED 1, se référant implicitement au désistement du citoyen qui avait introduit une contestation contre lui, relève qu’aucune contestation valide n’a été retenue à son sujet.

Dans la plupart des contestations soumises à son appréciation, le BCED 1 a relevé la non-conformité des dossiers avec les exigences de la Loi électorale. Les failles relevées sont : l’absence de preuve pour les allégations avancées ; l’imprécision concernant les dates, jour et heure des contestations concernées ; le manque de précision également concernant les contestataires et leurs adresses.

L’objet des contestations portait sur les questions de décharge, de résidence et de moralité, selon les candidats concernés.

Les décisions du BCED 1 sont transmises aux 9 membres du Conseil Electoral Provisoire (CEP) qui doivent mardi prochain (le 17 août) rendre publique la liste officielle et définitive des candidats à la présidence agréés. [jmd/Radio Kiskeya]



Mon Aug 16, 2010 1:23 pm

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