Tuesday, November 10, 2015

BOID: Cette brigade policière d'Haiti qui fait parler d'elle (Edito)

La brigade policière en Haiti qui est en train de faire parler d'elle: BOID ou Brigade d'Opération et d'Intervention Départementale. 

Cette nouvelle brigade de la PNH, composée de 254 policiers dont 18 femmes (sur 275 candidats initiaux) ont reçu une formation spéciale durant 2 mois (par la Minustah et l’UNPol). Cette brigade considérée par certains comme une unité paramilitaire au service du gouvernement Martelly-Paul pour réprimer la population haitienne durant cette période électorale, est déjà accusée d'avoir perpétré un massacre à Cité Soleil dans la soirée du vendredi 16 octobre 2015, l'assassinat de Maxo Gaspard et le piétinement soutenu d'un homme au cours d'une manif que des élements de cette brigade essayaient de briser.

Hautement militarisée à première vue, BOID n'est pas sans rappeler les Forces Armées d'Haiti abolie par l'ex-président d'Aristide avec l'assistance des Etats-Unis du fait qu'elles étaient l'instrument représsif d'une oligarchie dictatoriale, en l'occurence le duvalierisme et les autres gouvernements qui l'avaient précédé. 
Impliqués dans des coups d'Etat répétés, le trafic de stupéfiants, la répression vénale et aveugle du peuple, plusieurs éléments de cette soldatesque étaient au service d'agents étrangers à qui ils vendaient les intérêts de la nation hatienne aux plus plus offrants. 
L'actuel premier ministre Evans Paul avait été lui-même victime des tortures de cette armée qui a connu une fin bien méritée. Et c'est dommage qu'il ait oublié déjà les coups reçus sous le régime du putchiste Avril en adoptant un silence complice devant les accusations portées contre cette brigade. Son crayon a peut-être beaucoup de gomme à effacer au contraire de celui du peuple (kreyon pèp la pa gen gòm: Le crayon du peuple ne gomme pas).

Vu les forfaits ou exactions dont seraient responsables cette nouvelle Brigade BOID, il est donc plus que normal que le peuple haitien craigne une resurgence des mercenaires et sbires des forces armées d'Haiti. Alors que ces unités de l'armée haitienne étaient créées par des gourus racistes de l'armée américaine à la fin de l'occupation d'Haiti par les Etats-Unis, il semble que cette-fois-çi, cette brigade BOID à été entrainée par des militaires ou policiers venus de pays où la culture démocratique existe à peine ou pas du tout. La communuaté internationale est-elle en train de répéter l'expérience de la fameuse école de Georgie, Etats-Unis ( Ecole des Amériques qui fonctionnait comme une pépinière de militaires putchistes répressifs pour l'Amérique latine)?
( Voir la vidéo)

"Il est inacceptable qu'une partie de la PNH se mette au service du pouvoir pour terroriser la population, dénonce Pierre Espérance évoquant des cas "d'exécution sommaire" à Cité Soleil. Le défenseur des droits de l'homme ne mâche pas ses mots. Il est très affirmatif. Ce qui s'est produit le week- end écoulé au niveau du wharf Jérémie a été une exécution sommaire, croit-il dur comme fer alors que les autorités policières parlent d'affrontements entre des bandits et les agents de la PNH." (Source: Le Nouvelliste)

Caricature: Source Le Nouvelliste



Les récentes élections semblent avoir ouvert les yeux du peuple contre cette brigade. Déjà face à cette vidéo qui a connu une propagation virale sur le Net et qui montre plusieurs policiers maltraitant et piétinant un homme protestant les résultats électoraux du 25 octobre 2015, certains militants de droits humains veulent intenter un procès contre ceux instiguant cette répression, tortures ou exécutions sommaires, comme l'avait fait Evans Paul, l'actuel premier ministre contre le général Prosper Avril pour des tortures infligées sur sa personne en 1994 en tant que l'un des "Prisonniers de la Toussaint". Un procès que lui Evans Paul avait gagné.




No comments:

Featured Post

La diaspora haïtienne aux Etats-Unis d’Amérique régresse et le constat est alarmant

 Par Kerlens Titus Il y a des réflexions qui ne sont pas à la portée de tous, mais qui doivent être faites. La diaspora haïtienne aux Et...